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Tout ce qu'il faut savoir sur la vaccination Covid-19 en Suisse

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Où en est-on de l’avancement des campagnes? Quels vaccins sont utilisés en Suisse ou susceptibles de l’être bientôt? Où en est-on de l’hésitation vaccinale?

Heidi.news fait le point (actualisé régulièrement) sur les grandes questions autour de la vaccination Covid-19.

Où en est la vaccination sur le terrain?

Les cantons de Genève, Fribourg, Neuchâtel et du Valais ont démarré leurs campagnes de vaccination le 28 décembre, le canton de Vaud le 30 décembre, et le Jura le 4 janvier.

Au 16 septembre 2021, l’OFSP évalue à 5,3 millions le nombre de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin et présentant de ce fait une immunité au moins partielle contre Covid-19. Cela représente 61% de la population du pays — 53% en ne décomptant que les personnes ayant reçu les deux doses.

Après être grimpé jusqu’à 90’000 vaccinations par jour au printemps, le rythme de vaccination était retombé à son niveau initial cet été. Il repart à la hausse depuis la rentrée, la reprise des activités et l’entrée en vigueur du certificat Covid-19 aidant: la Suisse entre dans une «seconde vague» vaccinale.

La vaccination a connu un grand engouement chez les seniors, avec des taux de vaccination qui dépassent les 80% dans la tranche d’âge des 70 ans et plus. Elle progresse désormais chez les adolescents et les jeunes adultes.


Comment se situe la Suisse au plan international?

Du point de vue de la couverture vaccinale, et alors qu’elle dispose de doses en abondance, la Suisse est clairement en queue de peloton des pays riches.

La Confédération vient seulement de passer la barre des 60% de sa population vaccinée, loin derrière la France (73%), l’Allemagne (66%) ou encore l’Italie (73%) — et bien en-dessous de la moyenne de l’Union européenne.


Où en est-on de la vaccination des mineurs?

Feu vert chez les ados. La vaccination des adolescents dès 12 ans avec le vaccin Pfizer est possible depuis le 22 juin 2021, avec l’adaptation des recommandations de l’OFSP, et celui de Moderna a suivi. Au 6 septembre 2021, un tiers (32%) des 12-15 ans avaient reçu au moins une dose.

Les premières recommandations de vaccination portaient surtout sur les adolescents à risque (maladie chronique grave ou vulnérabilité à Covid-19), mais depuis le 24 août, l’OFSP recommande à tous les adolescents sans distinction de se faire vacciner dès l’âge de 12 ans.

Lire aussi: Se faire vacciner sans l'accord des parents, c'est possible - mais compliqué

Le consentement de l’adolescent est nécessaire. En cas de désaccord des parents, la Confédération prévoit qu’un adolescent puisse malgré tout se faire vacciner, pour peu qu’il possède une capacité de discernement et soit informé des bénéfices-risques. C’est là le rôle de l’entretien médical préalable à la vaccination.

Berne laisse une grande marge de manœuvre aux cantons pour s’organiser. Le choix qui s’est imposé par défaut consiste à demander l’autorisation d’un parent. Se faire vacciner sans l’accord des parents est possible, mais cette disposition est mise en œuvre avec plus ou moins de bonne volonté selon les cantons.

Lire aussi: Où en sont les essais sur la vaccination chez les enfants?

Des essais cliniques sont en cours pour valider les vaccins ARN chez les enfants (avant 12 ans) et les bébés (dès l’âge de 6 mois). Il est probable que ces vaccins pédiatriques ne soient pas disponibles avant fin 2021 ou début 2022.


Quel est l’objectif de la vaccination?

Les campagnes de vaccination ont trois objectifs:

  • diminuer la charge de la maladie, en prévenant les cas graves et les décès

  • maintenir le système de santé à flots

  • réduire les conséquences économiques et sociales de la crise, en limitant la circulation du virus

Le seul objectif chiffré officiel établi par les autorités sanitaires portait sur les personnes vulnérables (65+ et comorbidités), avec une couverture vaccinale d’au moins 75%. Cet objectif est rempli: le taux de vaccination dépasse 80% chez les plus de 70 ans.


Vise-t-on l’immunité collective?

Non. Le seuil d’immunité collective désigne la couverture vaccinale approximative à partir de lequel l’épidémie est durablement sous contrôle, à l’exception de quelques résurgences locales. C’est un résultat théorique abstrait, qui permet de fixer les idées. Il serait de l’ordre de 80% avec le variant Alpha («britannique») actuel, et 90% avec le variant Delta («indien»).

Berne a explicitement renoncé à atteindre un tel seuil d’immunité collective, jugé hors de portée. Le Conseil fédéral s’en explique dans son document de réflexion sur le «modèle en trois phases», publié le 12 mai. Extrait:

«En raison de la forte infectiosité du variant B.1.1.7 (Alpha, ndlr.), qui est devenu dominant dans le pays, il n’est pas réaliste de vouloir atteindre une immunité collective, même avec une forte disposition de la population à se faire vacciner. Le virus ne disparaîtra pas.»

Lire aussi: Quand est-ce qu’on en aura fini avec l’épidémie?

La stratégie consiste donc à vacciner le plus d’adultes possible, mais sans objectif chiffré officiel. Dans son édition du 26 juin, la NZZ am Sonntag fait état d’un objectif informel de 80% de vaccinés qui circulerait dans les cantons. Il s’agit notamment de pouvoir face au variant Delta («indien»), plus contagieux.


A quel point les vaccins sont-ils efficaces?

Il y a beaucoup de confusions concernant l’efficacité des vaccins Covid-19. Tout dépend contre quoi le vaccin est censé protéger.

  • protection contre les formes graves de la maladie Covid-19

C’est le point le plus important du point de vue de l’impact sanitaire de la pandémie, et à ce titre les données sont très satisfaisantes. La plupart des vaccins Covid-19, et les vaccins ARN en particulier, offrent une protection très élevée contre les formes graves de la maladie, proche de 100%.

  • protection contre la maladie (infection Sars-CoV-2 se traduisant par des symptômes)

C’est le critère principal ayant guidé le développement des premiers vaccins: leur faculté à protéger contre la maladie Covid-19, c’est-à-dire une infection à Sars-CoV-2 assortie de symptômes même minimaux.

La protection conférée par les vaccins ARN contre les formes symptomatiques semble être de l’ordre de 90%, peut-être un peu moins pour le variant Delta (de 50 à 80% selon les sources).

  • protection contre l’infection et la transmission

On parle de protection stérilisante quand un vaccin permet de prévenir l’infection, c’est-à-dire qu’il empêche le virus Sars-CoV-2 de se répliquer dans les voies respiratoires — et incidemment, de se transmettre à quelqu’un d’autre. En pratique, on évalue cette propriété en dépistant la présence de virus dans les voies respiratoires par PCR de façon systématique.

Lire aussi: Non, les vaccins ne sont pas inutiles contre la transmission de Delta

Les vaccins ARN avaient une efficacité très élevée, de l’ordre de 90%, contre les infections. Elle a diminué avec le variant Delta, et se site sans doute autour de 60-70%. Il semble aussi qu’une personne ayant une infection post-vaccinale soit plus à même de transmettre le virus avec le variant Delta.

D’un point de vue populationnel, le variant Delta a donc changé la donne concernant la protection conférée par les vaccins ARN contre la transmission. D’excellente, cette protection est devenue perfectible — mais elle reste supérieure à ce qu’elle serait en l’absence de vaccination.


Quels sont les bénéfices de la vaccination?

Ils sont multiples. Au plan médical:

  • se protéger de Covid-19 et de ses conséquences sur la santé (forme grave, syndrome inflammatoire multisystémique chez les jeunes, et sans doute Covid long).

Lire aussi: La vaccination diminue aussi le risque de Covid-19 long

La balance bénéfices-risques est le principal critère employé par l’OFSP et la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) pour recommander un vaccin, et par Swissmedic pour l’homologuer. Elle consiste à effectuer une pesée d’intérêts entre le bénéfice médical du vaccin (éviter Covid-19) et les risques associés à la vaccination (effets indésirables graves).

Au plan social:

  • entrer dans certains lieux (discothèques) et manifestations, via le certificat Covid-19,

  • voyager à l’étranger plus facilement.

Au plan collectif:

  • diminuer le risque de transmettre la maladie à son entourage;

  • contribuer à maintenir l’épidémie sous contrôle en réduisant le risque de foyer de contagion.


La vaccination permet-elle d’assouplir les mesures?

Oui. La levée des mesures de restriction découle essentiellement du calendrier vaccinal. La Confédération a dévoilé le 21 avril 2021 un horizon de sortie de crise en trois phases:

  • Une phase de protection (avec vaccination des plus vulnérables), qui s’est terminée fin mai.

  • Une phase de stabilisation (avec vaccination de masse), avec une levée progressive de la plupart des restrictions et la mise en place du certificat d’immunité.

  • Une phase de normalisation, une fois que tous les volontaires auront été vaccinés, sans autre restriction que les mesures de protection de base (distance, hygiène, possiblement masque).

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Ce modèle reste indicatif, puisque toute résurgence épidémique pourrait le remettre en cause — du fait d’une hausse non maîtrisée de la circulation virale, par exemple, ou de la diffusion d’un variant plus contagieux ou capable d’échapper aux vaccins.

Les autorités fédérales tablaient sur fin juillet pour voir les adultes volontaires pleinement vaccinés (avec deux doses), en misant sur un taux de volontaires de 60% (scénario 2, réaliste) ou 75% (scénario 3, optimiste). C’est le second scénario qui s’est réalisé.

Nous nous trouvons actuellement en phase de normalisation, depuis le 11 août 2021. Ce changement de phase ne s’est pas accompagné d’une levée des dernières mesures sanitaires, en raison de la perspective de quatrième vague portée par Delta.

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D’après Alain Berset, l’entrée en phase de normalisation marque surtout le fait que les éventuelles mesures sanitaires n’auront plus qu’une seule vocation: empêcher la saturation des hôpitaux.

Le reflux en cours (encore fragile) de la quatrième vague de cas Covid-19 de la rentrée 2021 est sans conteste à mettre au crédit de la vaccination.


La vaccination est-elle obligatoire?

Non. En Suisse, les autorités ont toujours été claires: pas plus qu’avec une autre maladie, il n’y a de vaccination obligatoire contre Covid-19. C’était là un consensus largement partagé dans le monde En revanche, de plus en plus de pays assument de mettre en œuvre des législations incitant à la vaccination de façon plus ou moins assumée.

S’il entend respecter la liberté vaccinale, le Conseil fédéral appelle clairement la population à se faire vacciner. «Non seulement cela procure une meilleure protection individuelle, mais c’est aussi un geste de solidarité envers la société et envers les personnes qui, pour des raisons de santé, ne peuvent pas être vaccinées», écrit-il dans son document stratégique du 12 mai.

L’hypothèse d’une vaccination obligatoire est souvent mise sur la table pour les professionnels au contact de personnes vulnérables, mais ce n’est pas le chemin qu’a pris la Suisse. La solution de compromis adoptée par la plupart des cantons, dont Genève et Vaud, à l’instigation de la Confédération, consiste à rendre le dépistage obligatoire pour les professionnels non-vaccinés.


Où en est-on du certificat Covid-19?

Il est en place. Le système fédéral de certificat Covid-19 est disponible depuis le 7 juin. Il se présente comme un document personnel papier ou électronique muni d’un QR code, compatible avec le passeport vert de l’Union européenne.

Plusieurs candidats se sont proposés pour implémenter le certificat d’immunité, mais c’est finalement la solution de l’Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication (Ofit) qui a été retenue par Berne le 7 mai 2021. Le code source a été rendu public.

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Le certificat Covid-19 possède trois déclinaisons:

  • certificat de test, en cas de PCR négative dans les 72 dernières heures ou de test rapide négatif dans les 24 heures. Il peut être obtenu via les centres et dispensateurs de tests.

  • certificat de vaccination, pendant six mois après la dernière dose (une extension à neuf ou même douze mois est pressentie dans les jours qui viennent). Il peut être obtenu via les autorités cantonales.

  • certificat de guérison, à partir du 11e jour d’une infection Covid-19 documentée (la date du test PCR faisant foi) et pendant six mois. Il peut être obtenu sur le site de la Confédération.

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Le certificat peut être téléchargé sur mobile via l’application «COVID Certificate» (Android, iOS). Il existe aussi une application «COVID Certificate Check», qui permet à tout un chacun de vérifier la validité d’un certificat (Android, iOS).

Depuis le 13 septembre, le certificat est obligatoire dans un grand nombre d’endroits clos, dont les restaurants et bars, les musées, cinémas,théâtre ou bibliothèques — en plus des manifestations de plus de 30 personnes.


Quels vaccins sont utilisés en Suisse?

Les vaccins ARN. Via ses précommandes, la Suisse s’est initialement positionnée sur trois technologies distinctes: les vaccins à ARN messager (Pfizer, Moderna et Curevac), un vaccin à vecteur adénovirus (AstraZeneca) et enfin un vaccin à protéine recombinante (Novavax).

Swissmedic a autorisé les vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNTech (Comirnaty) le 19 décembre 2020 et de Moderna (Spikevax), le 9 janvier 2021 . Ce sont les deux seuls vaccins Covid-19 employés à ce jour en Suisse.

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  • Le 3 février, Swissmedic a décidé de surseoir à la délivrance d’une autorisation de mise sur le marché au vaccin d’Oxford-AstraZeneca (Vaxzevria), dans l’attente des résultats complémentaires d’efficacité, les données actuelles étant jugées incomplètes. La Confédération a décidé de l’employer surtout comme vaccin de secours.

  • Le vaccin à adénovirus de Johnson & Johnson, homologué aux Etats-Unis et en Europe, a reçu le feu vert de Swissmedic le 22 mars 2021. Après avoir renoncé à l’utiliser, faute d’avoir pu obtenir un accord de livraison suffisamment rapide, la Confédération a repris les négociations.

  • Le vaccin à ARN messager de CureVac est en cours d’examen auprès de Swissmedic depuis le 15 avril 2021. Les résultats de son essai de phase 3, rendus publics le 16 juin 2021, se sont avérés très décevants et son avenir est désormais compromis, alors qu’il était attendu sur le terrain dès le mois de juillet.

  • Le vaccin à protéine recombinante de Novavax a fait état de résultats d’efficacité très prometteurs le 14 juin, et semble mûr pour une arrivée rapide sur le marché. Aucune demande d’autorisation n’a encore été déposée auprès de Swissmedic, et le vaccin est plutôt attendu pour la fin de l’année.

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Il est clair que la Confédération mise avant tout sur les vaccins ARN et, parmi eux, le Moderna. Ceux-ci sont efficaces contre les variants préoccupants connus à ce jour, mais les fabricants anticipent la nécessité de les adapter. Le processus d’homologation a été largement assoupli dans cette optique.


Qui se charge de quoi et où?

L’armée prend en charge les vaccins à leur arrivée sur le territoire suisse. Elle les stocke dans des entrepôts équipés de congélateurs à ultra-basse température, dont les emplacements sont gardés secrets, et se charge de la distribution aux cantons. Ces derniers prennent ensuite le relais pour transporter le vaccin dans les divers lieux de vaccination.

Des équipes mobiles ont été mises en place, principalement pour vacciner dans les EMS. Les cantons ont ouvert nombre de centres de vaccination ad hoc sur des sites indépendants (salles de gymnastique, locaux de la protection civile…) et dans les hôpitaux, pour réaliser le gros des vaccinations.

Les médecins libéraux et les pharmaciens participent aussi au dispositif.

  • La vaccination Covid-19 en pharmacie est possible dans certaines officines, dans les cantons de Neuchâtel, du Jura, de Genève, du Valais et de Vaud. Le site VaccinationEnPharmacie.ch en donne la liste.

  • Les médecins ont la possibilité de vacciner en cabinet dans le Valais (depuis début janvier), Fribourg (début février), Vaud (début mars), le Jura (début avril) et Neuchâtel (mi-mai).

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Pour vacciner en masse, les cantons de Genève et de Vaud ont mis en place des centres de vaccination de grande taille, respectivement à Palexpo (où les vaccinations sont opérées par des médecins, infirmiers, assistants médicaux et pharmaciens) et au Palais Beaulieu (par des soignants et des étudiants en santé).

Le canton de Vaud a également innové en lançant le 18 mai un centre de vaccination itinérant, destiné à vacciner dans les endroits les moins peuplés du canton et à toucher des populations plus précarisées.


Où en est-on de l’hésitation vaccinale?

Elle reste substantielle. Les autorités sanitaires cantonales romandes font état d’une très bonne réception des vaccins chez les personnes âgées et vulnérables, et de manière générale dans la tranche des plus de 65 ans. La propension à se faire vacciner décroît néanmoins avec l’âge.

Très élevée avant l’arrivée des vaccins (plus d’un Suisse sur deux), l’hésitation vaccinale a connu une forte décrue avec l’homologation des premiers vaccins Covid-19 en Suisse, à l’efficacité très élevée et au profil de tolérance globalement bon. Mais elle demeure substantielle au sein de la population active.

De façon assez stable, les derniers sondages donnent de l’ordre d’un Suisse sur quatre (25%) rétif aux vaccins Covid.

Les jeunes et les actifs sont un peu plus réticents à la vaccination Covid-19 que la population générale, de même que les femmes et les personnes habitant en milieu rural. Les sympathisants UDC le sont clairement beaucoup plus que ceux des autres partis, puisqu’ils sont pratiquement un sur deux à ne pas l’envisager.

Selon un autre sondage réalisé pour l’OFSP mi-mars, avec des propositions de réponses légèrement différentes, le nombre de personnes totalement rétives au vaccin serait autour de 13%, à quoi s’ajoutent 10% de personnes «plutôt» opposées.


Qui est prioritaire pour la vaccination?

L’OFSP et la Commission fédérale de vaccination ont mis au point une stratégie de vaccination à six niveaux de priorités, que voici:

Les plus de 65 ans et les personnes que leur état de santé (diabète, obésité, cancer, etc.) rend vulnérables à Covid-19 ont été vaccinés en premier lieu. L’arrivée au compte-gouttes des premières doses a nécessité de diviser ce premier groupe cible en sous-groupes:

  • les plus de 75 ans et les malades chroniques à haut risque,

  • les personnes âgées de 65 à 74 ans,

  • les moins de 65 ans souffrant de maladies chroniques.

Les femmes enceintes sont reconnues comme vulnérables à Covid-19 depuis cet été. La vaccination est désormais recommandée pour toutes dès le deuxième trimestre de grossesse, et dès le premier trimestre au cas pour cas.

Vient ensuite le personnel soignant et d’encadrement des personnes à risque (P2), exposés au virus et très sollicités par la crise sanitaire. L’entourage proche des personnes vulnérables (P3) et les résidents d’institutions collectives à risque (P4) suivent, et enfin tous les adultes volontaires (P5).

Le sixième groupe de priorité, constitué par les adolescents de 12 à 15 ans (P6) a été ajouté le 22 juin 2021.


Combien de doses sont sécurisées?

Près de 43 millions de doses ont été sécurisées via des contrats de précommande auprès des fournisseurs. Elles se répartissent ainsi:

  • Oxford-AstraZeneca: 5,4 millions de doses, dont 4 millions seront données à l’initiative Covax,

  • Moderna: 13,5 millions de doses, à quoi s’ajoutent au moins 7 millions de doses destinées aux rappels (avec une clause pour encore 7 millions de dose supplémentaires fin 2022-2023),

  • Pfizer-BioNTech: 6 millions de doses,

  • CureVac: 5 millions de doses,

  • Novavax: 6 millions de doses.

Au total, le pays a sécurisé de quoi vacciner environ 17 millions de personnes (en ôtant du calcul les doses d’AstraZeneca données et celles de CureVac, dont l’avenir est très incertain), soit le double de sa population. La Confédération anticipe ainsi la nécessité de procéder à des rappels (sans doute en 2022).

La Suisse est aussi partie prenante de l’initiative Covax sous égide de l’OMS et de la Commission européenne, qui prévoit une redistribution des différents produits vaccinaux entre les pays dans le besoin. A ce jour, la Confédération a contribué à hauteur de 20 millions de francs, à quoi s’ajouteront les doses d’AstraZeneca.


Combien coûte la vaccination et qui paie?

La vaccination est «gratuite» pour:

  • les personnes disposant d’une assurance maladie obligatoire (AOS),

  • les personnes domiciliées en Suisse mais non couvertes par l’assurance (diplomates, par exemple) depuis le 3 février,

  • les frontaliers qui travaillent dans un établissement de santé en Suisse, depuis le 3 février.

Le remboursement est pris en charge par l’assurance maladie obligatoire (AOS), mais la Confédération et les cantons mettront aussi la main au porte-monnaie:

  • Les assureurs-maladie (et donc les assurés) prennent en charge les coûts de la consultation médicale et du vaccin.

  • La Confédération assume les coûts de transport, de distribution du vaccin dans les cantons, ainsi que ceux dépassant le montant de cinq francs par dose de vaccin. Elle finance aussi la vaccination des personnes non couvertes par l’AOS.

  • Enfin, les cantons et donc le contribuable) prennent en charge les coûts de la logistique sur leur territoire.

Pour l’heure, l’acte de vaccination est facturé 14,50 francs (soit 29 francs par personne vaccinée) à quoi s’ajoute un financement de 5 francs par dose de vaccin injectée. C’est là le tarif facturé par l’AOS aux fournisseurs de prestation, c’est-à-dire les centres de vaccination et les institutions en charge des équipes mobiles.

Ce prix était jugé trop bas par la Fédération des médecins suisses (FMH). Le 24 février 2021, un accord a été conclu entre les cantons et l’assurance-maladie: le tarif de l’acte de vaccination est de 24,50 francs pour les cabinets médicaux (49 francs par personne vaccinée), et doit être stabilisé à 16,50 francs «en milieu d’année» (33 francs par personne vaccinée). Un prix jugé encore trop bas par la faîtière des médecins.

Les pharmaciens ont obtenu les mêmes conditions tarifaires de remboursement que les médecins, avec une vaccination à 24,50 francs en officine.

Lire aussi: Combien coûte la vaccination contre le Covid-19 en Suisse?

Les coûts à la charge des assureurs-maladies sont estimés entre 200 et 250 millions de francs et ceux à la charge de la Confédération à un montant minimal similaire, dans l’hypothèse de 60% de la population vaccinée. En prenant en compte les cantons, le montant global des campagnes de vaccination devrait sous cette hypothèse s’élever à plus de 712 millions de francs.

La Confédération n’indique pas à quel prix elle se procure les vaccins, les contrats étant confidentiels. On dispose néanmoins d’une idée sur la base des prix négociés par l’Union européenne — en décembre 2020, la ministre belge du budget Eva De Bleeker les a rendus publics sur Twitter, avant d’être rappelée à l’ordre et de supprimer sa publication. Voici ce qu’il en est (en gras, les vaccins précommandés par la Suisse):

  • AstraZeneca: 1,78 euros

  • Johnson & Johnson: 8,50 dollars (environ 7,50 francs)

  • Sanofi-GSK: 7,56 euros

  • CureVac: 10 euros

  • Pfizer-BioNTech: 12 euros

  • Moderna: 18 dollars (environ 16 francs)

  • Novavax: vendu 16 dollars aux Etats-Unis (environ 15 francs)

Le 1er août, le Financial Times a révélé que Moderna et Pfizer avaient augmenté le prix de leurs vaccins à destination de l’Europe. Le coût d’une dose de Moderna serait dorénavant de 28,50 dollars, et une dose de Pfizer 19,50 dollars.


Comment se déroule la vaccination? Est-ce douloureux?

Les vaccins Covid-19 utilisés en Suisse reposent sur le même mode d’administration: une simple piqûre dans l’épaule (muscle deltoïde). Rien qui détonne par rapport aux vaccins usuels, comme la grippe. Des vaccins administrables par spray nasal sont à l’étude.

Les vaccins de Pfizer et surtout Moderna tendent à provoquer des réactions immunitaires vigoureuses, surtout chez les jeunes. Cela peut se traduire par des maux de tête, une fatigue importante, de la fièvre, une douleur à l’épaule, un gonflement local, etc., dans les heures qui suivent l’injection. Des symptômes désagréables mais passagers, qui peuvent nécessiter un à trois jours de repos.

Il est courant, avec les vaccins à ARN messager, que la seconde injection produise des réactions plus vigoureuses que la première. En l’état des connaissances, il n’est pas possible de prévoir qui aura une réaction importante au vaccin. On sait néanmoins que les jeunes et les femmes sont plus susceptibles d’expérimenter des réactions importantes.


Qu’en est-il des effets indésirables graves?

Au-delà de la réaction normale au vaccin, il arrive que l’immunisation provoque de (rares) effets indésirables graves ou inattendus. Leur variabilité les rend difficiles à résumer, et c’est le rôle des centres de pharmacovigilance que de les surveiller.

En Suisse, Swissmedic produit un rapport toutes les deux semaines — le dernier datant du 3 septembre. Pour une vue résumée par produit, mieux vaut se rapporter à son homologue française, l’ANSM, qui a réalisé un excellent travail de synthèse sur le sujet.

En l’état, la seule contre-indication formelle à la primo-vaccination est l’existence d’une allergie au PEG (polyéthylène glycol) contenu dans les nanoparticules des vaccins ARN, qui pose un risque de réaction violente (de type choc anaphylactique).

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Lorsqu’un effet indésirable grave est identifié, il est possible pour les autorités sanitaires de limiter les recommandations d’emploi, en excluant les personnes chez qui la balance bénéfices-risques n’est pas évidente.

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Beaucoup de fausses rumeurs existent également sur les effets des vaccins, qui vont de la modification du génome à l’induction d’un champ magnétique dans le bras, en passant par la stérilité ou le dérèglement de l’immunité. Certaines organisations, dont NewsGuard, se chargent de les compiler.


Quel schéma vaccinal?

Les deux vaccins sur le marché suisse, et l’immense majorité des autres, prévoient deux injections. Il s’agit, selon un schéma dit «prime-boost» d’induire une réponse immunitaire efficace et surtout durable chez tout le monde.

(Les seules exceptions à ce jour sont les vaccins de Johnson & Johnson et le Spoutnik Light russe, mono-dose, ainsi que le ZyCoV-D indien, qui repose sur un schéma à trois doses. Aucun n’est utilisé en Suisse.)

Chez les personnes ayant déjà eu Covid-19, une seule injection est jugée nécessaire par l’OFSP et la Commission fédérale des vaccinations (CFV), dans les trois mois après l’épisode.

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La première et la seconde injection de vaccins ARN doivent être espacées d’au moins 4 semaines (3 pour Pfizer, mais pour des raisons pratiques les recommandations ne font pas la différence avec Moderna). Suivant en cela l’OMS, l’OFSP considère que ce délai peut être prolongé jusqu’à 6 semaines, pour les deux vaccins.


Qui aura besoin d’un rappel?

Il est possible qu’il faille un rappel vaccinal à 12 mois, pour relancer l’immunité après une diminution de la protection vaccinale (taux d’anticorps) au fil des mois. Pfizer et Moderna sont en train de faire homologuer ce nouveau schéma vaccinal un peu partout — y compris en Suisse, depuis le 17 septembre 2021.

La nécessité d’une troisième dose pour tous les primo-vaccinés ne fait pas consensus, et l’OMS pèse de tout son poids pour que les doses soient plutôt distribuées aux pays pauvres, afin d’offrir la primo-vaccination à tous.

Beaucoup de pays en Europe s’orientent à minima vers une troisième dose au moins pour les personnes âgées ou immunodéprimées. Israël a ouvert le bal fin juillet 2021 et revaccine désormais toute sa population.

Pour l’heure, la Suisse se borne quant à elle à proposer une troisième dose de rattrapage aux personnes immunodéprimées pour qui la primo-vaccination n’a pas fonctionné.


Et une fois vacciné?

Pour l’heure, l’OFSP continue de recommander le respect des règles générales (distance sociale, gestes d’hygiène, port du masque).

Seules exceptions:

  • les réunions privées entre personnes vaccinées, où l’office indique qu’il est possible de s’affranchir du masque et de la distance sociale.

  • depuis le 31 mai, les personnes vaccinées sont dispensées de quarantaine obligatoire, au cas où elles seraient cas contact, pendant six mois.

Le risque de réinfection chez les personnes vaccinées est faible, et conduit à des maladies bénignes ou asymptomatiques — les vaccins ARN protègent très bien contre Covid-19 et ses conséquences.

En revanche, des données encore très préliminaires semblent indiquer qu’avec le variant Delta, les (rares) personnes vaccinées qui attrapent le virus peuvent, bien qu’ayant très peu ou aucun symptôme, le transmettre assez facilement à d’autres. Cela reste à confirmer.


Quels vaccins ont fait l’objet de publications scientifiques?

  • vaccin de Pfizer-BioNtech (ARN messager modifié + nanoparticule lipidique)

Les résultats définitifs d’efficacité (essai de phase 3 aux Etats-Unis, près de 44’000 participants) ont été publiés le 10 décembre dans le New England Journal of Medicine.

Le comité d’évaluation de la FDA a publié un dossier très complet, pour les amateurs.

  • vaccin de Moderna (ARN messager modifié + nanoparticule lipidique)

Les résultats définitifs d’efficacité (essai de phase 2-3 aux Etats-Unis) ont été publiés le 30 décembre dans le New England Journal of Medicine.

Le comité d’évaluation de la FDA a publié un dossier très complet, pour les passionnés.

  • vaccin d’Oxford-AstraZeneca (vecteur adénovirus de chimpanzé)

Les résultats intérimaires d’efficacité (essais de phase 3 au Royaume-Uni, Brésil et Afrique du Sud, près de 24’000 participants au total) ont été publiés le 8 décembre dans le Lancet.

De nouveaux essais sont en cours aux Etats-Unis, qui devraient permettre de préciser l’efficacité réelle du vaccin.

  • vaccin de Johnson & Johnson (vecteur adénovirus, monodose)

Les résultats définitifs d’efficacité (essai de phase 3 aux Etats-Unis et en Amérique latine) ont été publiés le 21 avril dans le New England Journal of Medicine.

Le comité d’évaluation de la FDA a publié un dossier très complet, pour les aficionados.

  • vaccin de CureVac (ARN messager non modifié + nanoparticule lipidique)

Les résultats préliminaires d’efficacité ont été rendus publics par le fabricant, mais pas encore publiés.

  • vaccin de Novavax (protéine Spike + nanoparticule lipidique)

Les résultats définitifs d’efficacité ont été publiés le 30 juin dans le New England Journal of Medicine.