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Les 3 choses à faire pour «ne pas laisser le virus nous dicter sa loi»

Statistique des personnes hospitalisées pour Covid et leur statut vaccinal. | Source OFSP

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Lors de son point presse hebdomadaire de ce 31 août, l’OFSP a dressé un tableau incertain de l’épidémie de Covid-19. Une stabilisation voire une baisse se dessine, mais à un niveau élevé. Pour Virginie Masserey, responsable de la section contrôle des infections à l'OFSP, «un certain ralentissement se dessine, même si la situation reste tendue dans les hôpitaux».

Pourquoi il faut agir. Pour la spécialiste, il ne faut «pas laisser le virus nous dicter sa loi, pour retrouver bientôt une vie normale». Elle a esquissé quelques pistes pour réduire la circulation du virus, diminuer la pression sur le système hospitalier. Heidi.news fait le tour en trois points.

1. Aplatir la courbe

Pour réduire les hospitalisations et la pression sur les unités de soins intensifs, il est nécessaire «d’aplatir la courbe et de réduire la circulation du virus».

Les stratégies déjà employées montrent une certaine efficacité pour atteindre cet objectif:

  • Traçage des contacts avec la stratégie TTIQ (test-traçage-isolement-quarantaine).

  • Respect des gestes barrières, surtout en intérieur (masque, distance, hygiène des mains).

  • Utilisation du certificat Covid dans les grandes manifestations et en discothèques.

Ces actions, lorsqu’elles sont appliquées correctement, permettent de conserver un certain contrôle sur la circulation du virus et ainsi minimiser le nombre d’évolutions graves de la maladie menant à l’hôpital.

Certains points montrent tout de même des ratés. Ainsi, le traçage des contacts donne des signes d’essoufflement. D’une part, les personnes positives au Sars-CoV-2 sont facilement réticentes à donner les noms des personnes avec lesquelles elles ont été en contact. D’autre part, certains cantons ont fait preuve de souplesse sur cette tâche et ont parfois réduit leurs équipes dans les cellules de traçage.

Ces indices mènent à une anomalie visible sur le rapport quotidien de l’OFSP: il y a actuellement plus de personnes en isolement qu’en quarantaine. Virginie Masserey:

«La stratégie TTIQ reste très importante, surtout dans la phase actuelle de l’épidémie et pour protéger le système hospitalier. Il est vrai que des informations remontent à l’OFSP sur les difficultés pour obtenir les contacts des personnes infectées. Cela explique une partie de ce problème.

Une autre raison est beaucoup plus logique: les personnes vaccinées en contact avec une personne infectée ne sont pas mises en quarantaine. Avec 62% de la population adulte vaccinée, cela signifie que moins de personnes se retrouvent en quarantaine.»

De son côté Linda Nartey, médecin cantonale bernoise et vice-présidente de l'Association des médecins cantonaux, relève:

«Quelques cantons ont bien signalé leur volonté de diminuer les effectifs de leurs cellules de traçage des contacts et certains l’ont fait, notamment en automatisant certains processus.

Mais ce dispositif est maintenu et reste très important lorsque les infections augmentent. Et actuellement, les besoins sont plutôt en hausse.»

2. La vaccination

Les deux spécialistes présentes ce jour s’entendent sur une mesure efficace pour réduire la pression hospitalière et pour diminuer la circulation du virus: la vaccination. Dans son message du jour, Virginie Masserey a voulu répondre aux jeunes qui hésitent à se faire vacciner lorsqu’ils sont en bonne santé. A cette population, elle dit:

«Personne n’est à l’abri d’une évolution sévère de la maladie et les formes graves de Covid-19 semblent plus importantes avec le variant Delta. Il faut aussi tenir compte des hospitalisations actuelles. Et on voit que la moitié des patients Covid hospitalisés non vaccinés depuis le 1er juillet ont moins de 53 ans. De plus, la moitié des personnes non vaccinées hospitalisées pour Covid n’ont pas de comorbidité.»

En d’autres termes, l’écrasante majorité des hospitalisations actuelles est évitable grâce au vaccin. Ce d’autant plus que ce dernier «montre une efficacité de plus de 95% contre les hospitalisations», souligne encore la spécialiste.

Le but d’une telle communication pour l’OFSP est d’inciter les jeunes à passer par la case vaccin. Car le risque de transmission du virus par une personne vaccinée est réduit, notamment parce que la présence du virus dans les voies respiratoires est réduite. Une couverture vaccinale importante dans la population réduit la circulation du virus, aussi auprès des non vaccinés.

Les effets indésirables du vaccin peuvent freiner et inquiéter la population jeune et en bonne santé. Virginie Masserey en est consciente:

«Oui, il y en a, mais on a du recul maintenant. Les seuls vraiment graves sont les allergies sévères, les myocardites et péricardites. Les évolutions de ces effets sont toutes favorables.»

Ces effets secondaires dont le risque est jugé faible sont également constatés lors de la maladie.

  • Pour les allergies sévères à la suite de la vaccination contre Covid, elles sont deux fois moins sévères que les allergies alimentaires et cinq fois moins sévères qu’après une piqûre d’insecte.

  • Pour les myocardites et péricardites (inflammation du muscle du cœur et de l’enveloppe du cœur), l’incidence après vaccination est de 1 cas sur 200’000.

3. Les écoles

Non éligibles à la vaccination, les moins de 12 ans ont retrouvé le chemin de l’école et de la crèche ou de la maman de jour pour les plus petits. Enfants qui peuvent être infectés et transmettre le virus au reste de la famille. Les mesures de protection concernant les élèves sont du ressort des cantons et la cohérence fait défaut. L’OFSP peut-elle agir pour uniformiser les plans de protection au niveau national? Virginie Masserey:

«Nous sommes conscients qu’il faut protéger les enfants. Nous dialoguons régulièrement avec la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) à ce sujet et nous avons émis des recommandations

De son côté, Linda Nartey reconnaît que:

«Ce serait plus facile d’avoir une règle au niveau national. Les cantons essaient de se coordonner, mais c’est difficile. Cela deviendra indispensable si l’épidémie entrait dans une phase plus aiguë. On ne fera alors pas l’économie d’une telle discussion et d’une décision au niveau national.»