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Le certificat Covid s'immisce dans nos vies quotidiennes dès le 13 septembre

Vérification d'un certificat Covid à Zurich, le 25 juillet 2021. | Keystone / Ennio Leanza

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Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé, a gagné: le certificat Covid sera étendu aux activités quotidiennes dès le 13 septembre en Suisse. Il faudra présenter la preuve de vaccination, guérison ou le résultat d’un test négatif pour avoir accès aux lieux culturels, aux entraînements sportifs, à la piscine, aux restaurants, aux musées, aux bibliothèques, aux zoos, aux théâtres, aux cinémas, etc. Les employeurs pourront également utiliser cet outil «dans le cadre de leurs mesures de protection».

La mesure est limitée dans le temps, jusqu’au 24 janvier 2022, et ne concerne pas les moins de 16 ans. Le non-respect peut mener à une amende de 100 francs pour les privés et à une amende pouvant aller jusqu’à 10’000 francs pour les professionnels, devant contrôler les certificats Covid.

Pourquoi ça change tout. La situation épidémiologique n’a pas beaucoup évolué depuis la semaine dernière, ni en bien ni en mal. Face à la situation — tendue dans les hôpitaux — et avec l’arrivée de l’automne, et des températures plus froides, le Conseil fédéral estime qu’il n’est pas possible «d’exclure une forte augmentation des hospitalisations et donc une surcharge des établissements hospitaliers».

C’est donc de manière préventive que le certificat Covid est déployé. Les activités essentielles (transports, administrations, banques, postes, magasins) ne sont pas concernées, mais l’ensemble des acteurs des activités quotidiennes et de loisirs va devoir mettre en place des contrôles systématiques du certificat et de l’identité des détenteurs. Un changement majeur qui doit s’opérer en quelques jours. Avec quel accompagnement?

L’extension en détail.

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Les raisons de cette décision. Guy Parmelin, président de la Confédération, et Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé, ont expliqué que la situation dans les unités de soins intensifs méritait protection. Le Conseil fédéral désire également éviter une nouvelle fermeture de pans entiers de l’économie.

C’est donc à titre préventif que le collège gouvernemental a décidé l’extension du certificat Covid aux loisirs et à de nombreux domaines de la vie quotidienne.

Guy Parmelin:

«La décision du jour a pour but d’éviter une surcharge des hôpitaux et d’éviter la fermeture de lieux publics. Les détenteurs de certificats Covid auront plus de libertés et bénéficieront d’avantages par rapport aux non-vaccinés, notamment. Ces derniers pourront accéder au certificat en se faisant tester, mais devront supporter la charge des tests.»

Pour accompagner économiquement les secteurs concernés, le chômage partiel reste a disposition des entreprises, ainsi que les allocations pour perte de gain et les cas de rigueur, jusqu’à la fin de l’année. Il en va de même du parapluie de protection pour les grandes manifestations, jusqu’en avril 2022.»

Alain Berset:

«Face à la situation épidémiologique instable actuelle et aux tensions dans les unités de soins intensifs, nous ne voulons pas risquer un débordement du système de santé. L’extension du certificat Covid dès lundi 13 septembre a été soutenue par les cantons et cette mesure doit nous permettre de vivre presque normalement, sans fermeture, sans restrictions d’activité.»

Ne sont pas concernés. Toutes les personnes de moins de 16 ans et les secteurs dits essentiels. Il s’agit des

  • manifestations de moins de 30 personnes «dont les participants se connaissent tous, qui se déroulent dans des locaux séparés et en groupes homogènes (par exemple, entraînement sportif ou répétitions de musique).

  • événements religieux, funérailles,

  • événements dans le cadre des activités et services habituels des autorités publiques,

  • réunions de groupes d'entraide établis,

  • événements pour la formation de l'opinion politique avec moins de 50 personnes (masque et collecte des données obligatoires),

  • et réunions des parlements et des assemblées municipales.

A cela s’ajoute le domaine vert définit par la Confédération:

  • transports publics

  • commerces de détail

  • manifestations privées

  • services à la personne (p. ex. salons de coiffure), offres de thérapie et de consultation, etc.

  • lieux de travail (y c. cantines)

  • lieux de formation (y c. cantines)

Comment ça marche? Le certificat Covid consiste en une application pour Smartphone ou un document imprimé doté d’un QR Code permettant de savoir si l’on est vacciné, guéri ou testé négatif récemment. Le document ou l’app’ sont contrôlés grâce à une autre application «Covid Certificate Check», disponible gratuitement.

A ce contrôle s’ajoute une vérification obligatoire de l’identité. Cette tâche habituellement exercée par la police ou les autorités n’est pas perçue comme problématique par les autorités dans le cas de figure de l’épidémie:

«Tout comme pour la remise d’alcool à des mineurs, les documents d’identité peuvent être contrôlés afin de garantir le respect des prescriptions en vigueur.»

Et les enfants? Exemptés jusqu’à l’âge de 16 ans, les jeunes sont actuellement les moteurs de la dynamique épidémique. Ce sont chez les 0-9 ans et 10-19 ans que le plus grand nombre d’infections sont constatées. Dans les autres catégories d’âge, les infections stagnent ou régressent.

L’extension du certificat Covid ne s’appliquera donc pas dans le bassin de population où le virus circule activement actuellement. Questionné sur le sujet, Alain Berset a préféré l’esquive:

«C’est vrai, il reste actuellement un potentiel de 3,5 millions de personnes qui peuvent se faire infecter dans le pays. J’ai déjà insisté plusieurs fois pour qu’il y ait un suivi strict des infections dans les écoles. Mais il serait faux d’opposer les restaurants aux écoles. Le but aujourd’hui est d’éviter un doublement des hospitalisations, car on aurait alors une situation catastrophique.»

Et au travail? La décision du jour concerne également les employeurs. Ils peuvent demander le certificat Covid à leurs employés dans le cadre de mesures de protection. Les employés de leur côté ne sont pas soumis à l’obligation vaccinale, ni à l’obligation de présenter un certificat Covid à leur employeur.

Une telle démarche doit être faite dans le cadre d’une consultation avec les salariés et être documentée par écrit.

C’est au travail que le certificat light (disponible avec le certificat Covid) sera le plus utile. Il permet au détenteur de montrer que son certificat est ok, sans transmettre d’informations s’il est vacciné-guéri-testé. L’employeur n’a accès qu’à la seule information que le certificat est valide, ou non.

Des tensions visibles. La décision du jour s’inscrit dans un contexte politique tendu: les Suisses voteront sur le certificat Covid le 28 novembre. Pour Guy Parmelin:

«Notre décision est le résultat d’une pesée d’intérêts: protéger le système hospitalier et sans péjorer les intérêts économiques. La votation du 28 novembre n’a pas fait l’objet d’une discussion au sein du Conseil fédéral.»

Pour Alain Berset:

«Les deux éléments ne couvrent pas le même espace temps. L’extension du certificat Covid court jusqu’au 24 janvier 2022, et pourrais être supprimée avant si la situation le permet. Elle vise à protéger le système hospitalier.

La votation concerne l’utilisation du certificat Covid après, dès le printemps 2022. Ce certificat va être un élément essentiel pour voyager en 2022. Et imaginez une seconde qu’il ne soit plus possible de sortir du pays?»

A la fin de la conférence de presse, une manifestation contre la décision du jour a été planifiée dans l’urgence. Les opposants invitent à se réunir sur la place fédérale, bouclée par de hauts grillages de sécurité. Les débats s’annoncent vifs ces prochaines semaines.