Illustration: Kalonji pour Heidi.news

Comment Moderna, son patron français et ses investisseurs suisses ont visé la lune – et y sont arrivés!

Moderna c'est l'histoire d'une ambition folle: déclencher une nouvelle révolution médicale avec l'ARN messager. Et celle aussi d'une course à la science, à l'industrialisation et à l'argent pour y parvenir. C'est aussi une histoire américaine largement menée par des Européens (et des Suisses) que l'ont dit pourtant si frileux au risque. Une histoire qui souligne que les temps changent.

Avez-vous déjà entendu parler de «Ginette»? En France, c’est le surnom qu'utilisent les initiés pour désigner le lycée Sainte-Geneviève à Versailles, réputé pour offrir les meilleures préparations aux concours des grandes écoles de l’Hexagone. Plus «insider», tu meurs. Du coup, cela peut paraître un peu étrange de placer Stéphane Bancel, le désormais milliardaire patron de Moderna, dans la catégorie des outsiders de l’ARN messager. D’autant que son parcours est celui du premier de classe version globalisée: Ecole centrale, Harvard Business School et Young Global Leader du Forum de Davos. Et pourtant…

Et pourtant, Bancel est aussi un joueur du jeu de rôle Donjons et Dragons, la meilleure école de créativité du monde, à mon humble avis. C’est aussi un geek de la génération Apple. Et je soupçonne qu’il est habité par le rêve américain. Après un parcours fulgurant qui l’a vu prendre la tête du groupe BioMérieux, de ses 6000 employés et deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2007, à 34 ans, il plaque tout après cinq ans pour rejoindre une microscopique start-up de la région de Boston: Moderna. C’était en 2011. Dix ans plus tard, tout le monde connaît le nom de cette entreprise qui a développé l’un des premiers vaccins Covid. A l’époque, c’était plutôt Modern quoi?

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