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Au Canada, des livres brûlés car jugés stigmatisants envers les autochtones

Image d'illustration | Pixabay / Hans

Le Canada est secoué par une polémique: un groupement scolaire réunissant 30 écoles du pays a décidé de retirer — et parfois même de brûler — certains ouvrages des rayons des bibliothèques. Tintin, Lucky Luke ou encore Asterix se retrouvent bannis, dévoilait hier Radio-Canada. En cause, des représentations des populations autochtones jugées simplistes et stigmatisantes.

Pourquoi on en parle. En 2019, une trentaine de livres ont été simplement… brûlés par des écoles catholiques francophones du Sud-Ouest de l’Ontario. Dans cette cérémonie «à but éducatif», les cendres ont ensuite servi d’engrais pour un arbre nouvellement planté. Les livres étaient destinés au pilon: d’après Radio-Canada, qui s’en procuré la liste, ce sont près de 5000 ouvrages — des bandes dessinées mais aussi des ouvrages encyclopédiques — qui ont été retirés des écoles et détruits, car jugés offensants.

La méthode choque. Les auteurs bannis dénoncent une censure. De son côté, le conseil scolaire à l’origine de cette décision a publié un document qui fait état des raisons du retrait. Ainsi, il est reproché à la bande dessinée Tintin en Amérique d’adopter «un langage non acceptable», «des informations erronées», ou encore de véhiculer «une présentation négative des peuples autochtones».

Interroger sans détruire. Pour le spécialiste de l’éducation Normand Baillargeon, interrogé par Radio-Canada, (re)penser le portrait des autochtones que font certains ouvrages est légitime. La destruction de ces mêmes ouvrages, elle, ne l’est pas: elle est inquiétante:

«Que l’on brûle des livres me semble extrêmement troublant, ça a des relents historiques que je n’aime pas du tout.»

Le débat a gagné la classe politique canadienne. Le Premier canadien, Justin Trudeau, et les chefs des deux grands partis du pays ont condamné l’initiative, rapporte le Journal de Montréal.

Quant au conseil scolaire à l’origine de la polémique, il a présenté ses excuses mais indique le rite de purification par la flamme se voulait «un geste de réconciliation».

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